Société Académique de Saint-Quentin

Les religieux de l'Abbaye d'Homblières (de 948 à 1790) - 2ème partie

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Les religieux de l'Abbaye d'Homblières                                                    Gérard Monsieur

2ème partie : Les abbés commendataires

 

 

 

 

 

Imposée à la plupart des monastères de France par le concordat de 1516 ( signé entre le Pape Léon X et le représentant de François 1er), la mise en commendes’appliqua à l’abbaye d’Homblières.

Le mot vient du latin : « commendare » qui veut dire : confier.

 

L’administration de l’établissement religieux est concédée comme bénéfice à un ecclésiastique séculier (ou à un laïc). Ce régime de la commende instaura dans le royaume de France la nomination des abbés par le pouvoir royal contre l’ancienne pratique qui voyait leur élection par les autres moines. L’ancien système entraînait souvent des abus de pouvoir des abbés.

On en a d’ailleurs un exemple avec l’abbaye d’Homblières : en mai 1413, le prévôt de Saint-quentin dut procéder à la saisie du « temporel » de l’abbé (Gobert de Vervins) et des autres religieux du couvent « pour cause d’excès, de délits et d’abus de justice » et remettre l’administration de l’abbaye entre les mains du mayeur et des échevins du lieu !

 

Les abbés, avant le concordat de 1516, étaient dits « réguliers », ils seront dits « commendataires » après. L’abbé commendataire possédait un bénéfice en commende (c’est-à-dire en garde, en dépôt) ; il jouissait seulement des produits du bénéfice, le pouvoir spirituel étant confié au second de l’abbé, appelé prieur.

On notera que la mise en commende de l’abbaye d’Homblières se fit tardivement, puisqu’en 1520 son abbé était toujours « régulier » !

 

Albert de Lénoncourt

 

Il est désigné abbé d'Homblières en 1602.

                                           

 

Le 13 janvier 1604, au nom de l'abbé commendataire Albert de Lénoncourt, le sous-prieur Dom Nicolle accorde un bail au fermier de Maurepas (Cugny) de 4 septiers de terre et d'un champ appelé le champ de Pitances.

 

 

Louis Lavocat

 

Louis Lavocat devient abbé d'Homblières en 1604.

           

 

En 1607, l'incurie des abbés commendataires eut pour conséquence la chute du clocher de l'église abbatiale. Celui-ci, en s'effondrant, ruina durablement le reste du bâtiment.

Louis Lavocat fixa le nombre de religieux de l'établissement à 10 prêtres et 6 novices; il leur assigna des pensions sur ses fermiers et ses revenus.

 

 

François Lavocat

 

Ancien chanoine de Paris, il succède à Nicolas en 1613.

                                            

Ce bail passé le 12 février 1626, concernant des terres de Courcelles, nous apprend que c'est Jeanne de Magny, veuve d'Antoine Carpentier le receveur de l'abbaye, qui est la procuratrice de Messire François Lavocat, aumônier ordinaire du Roy[1] et abbé commendataire de l'abbaye d'Homblières, celui-ci demeurant à Paris.

Il avait écrit les règles à respecter à l'Hôtel-Dieu de Paris:

Les religieuses devaient communier deux fois par semaine et les malades au moins une fois par mois. Les pratiques spirituelles permettant d'entretenir la ferveur de la communauté , comme rendre compte de l'état de sa conscience, ou procéder à des mortifications, soit de l'esprit, soit du corps, étaient fortement recommandées par l'auteur.

François Lavocat mourut en 1646.



[1] L'aumônier ordinaire du Roi faisait partie de la Maison ecclésiastique du Roi et était sous les ordres du Grand aumônier de France (charge créée par François 1er).

En 1635, la Guerre de Tente Ans avait éclaté, et les bâtiments avaient continué à se dégrader. Les religieux avaient dû se disperser. Un seul était resté, faisant son rôle de veilleur.

 

Henri

Prince de Lorraine, duc d'Elbeuf

Fils de Charles II de Guise-Lorraine, duc d'Elbeuf,

 et de Catherine Henriette de Bourbon,

fille de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées.

 

Né en 1620 et deuxième enfant (sur les six) de Charles II d'Elbeuf et de Catherine Henriette de Bourbon, et donc petit-fils de Henri IV, Henri de Lorraine fut nommé abbé d'Homblières en 1646, mais décéda deux ans plus tard, le 3 avril 1648.

                                                       

Catherine Henriette de Bourbon , veuve de Charles II d'Elbeuf,

 et mère d' Henri de Lorraine, abbé d'Homblières.

 

 

François de Rohan-Soubise

Appelé aussi François, comte de Rochefort, fils d'Hercule de Montbazon.

 

Après la mort de Henri de Lorraine, il devient le cinquième abbé commendataire de l'abbaye d'Homblières en 1648.

                                             

Dans ce bail de la cense de Maurepas rédigé le 9 mars 1650, on indique (à la 6èmeligne et suivantes) que François, comte de Rochefort a été nommé par sa Majesté abbé d'Homblières suite à la mort d' Henri de Lorraine; il a 18 ans.

Son père, Hercule de Montbazon, grand serviteur du royaume, présent dans le carrosse royal, avait été blessé lors de l'assassinat d'Henri IV, le 14 mai 1610.

François est l'unique fils du second mariage d'Hercule de Montbazon. Lui-même se mariera deux fois. La seconde fois avec Anne Julie de Rohan, une ancienne maîtresse de Louis XIV. Le mariage aura lieu à Paris en 1663, date à laquelle François n'est plus abbé d'Homblières.