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Romain Tricoteaux

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Romain Tricoteaux est né le 29 septembre 1876 à Longchamps, dans la vallée de l’Oise (02). Aîné d’une famille de six enfants, il est formé très jeune par son père à la profession de coiffeur, avant de partir pour Paris pour poursuivre son apprentissage. Au cours de son séjour dans la capitale, il approche les milieux socialistes et syndicalistes, et adhère au Parti Ouvrier Français et à la CGT.
Il ouvre une boutique de coiffure à Saint-Quentin en 1901, en bas de la rue de Paris, à quelques pas de l’actuel square Romain Tricoteaux, siège alors des vastes usines textiles dirigées par la famille Hugues. Son implication dans la vie politique locale le conduit à siéger au conseil municipal de 1910 à 1912, puis au conseil général à partir de 1913. La guerre éclate…

Comme l’ensemble de la population saint-quentinoise prisonnière civile de l’armée allemande, Romain Tricoteaux quitte Saint-Quentin en mars 1917 pour l’arrière du front, la Belgique. Il est installé près de Charleroi, à Gilly. Impliqué dans un trafic de fausses cartes d’identité, il est arrêté par les autorités allemandes et emprisonné à Charleroi, Givet puis en Allemagne à Diest et Aix-la- Chapelle. Il est libéré le 4 septembre 1918, non sans avoir subi de mauvais traitements au cours de son emprisonnement. Il recevra la légion d’honneur pour la résistance qu’il opposa alors. De retour à Saint-Quentin après l’Armistice, il découvre l’ampleur du désastre et saisit l’incroyable effort qui sera nécessaire pour faire renaître la cité.

Elu maire de la ville le 11 décembre 1919, Tricoteaux déclare : « je mettrai toutes mes forces et tout mon cœur pour accomplir la grande mission de faire sortir de ses ruines une cité radieuse, grandie et embellie ». Il faut dans un premier temps restaurer les équipements collectifs détruits, mais aussi remodeler le paysage urbain pour donner un nouvel élan à la cité. Ainsi le quartier de la gare est entièrement repensé par le passage supérieur qui enjambe les voies ferrées. Le vieux quartier entre la rue d’Isle et la Basilique, anéanti par les bombardements, se voit percé d’un nouvel axe, la rue de Lyon… De nouveaux équipements sociaux, culturels, éducatifs et de loisirs sortent de terre (l’école de Plein Air, le conservatoire, la cité Billion, la criée, les bains-douches, les colonies de vacances, la plage, …).

Réélu à la tête du conseil municipal en 1925 et 1929, Tricoteaux remporte les élections législatives en 1928. Malade depuis plusieurs années, il décède à son domicile de la rue du Wé le 31 août 1933. 20 000 personnes assistent à ses obsèques, place de l’Hôtel de Ville. Il fut le maire qui présida à la reconstruction de Saint-Quentin, respecté par ses administrés mais aussi par ses adversaires qui surent reconnaître en lui un homme intègre, au-delà des convictions politiques qui les opposaient. Une souscription publique, au sein du Comité des Amis de Romain Tricoteaux, finance la réalisation d’un buste en son honneur. Inauguré le 31 mars 1935, il est l’œuvre du sculpteur Ernest Diosi (1881- 1959). Détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut refondu à l’identique en 1954 par les ateliers saint-quentinois Maumaire & Dubua du quai Gayant. Le conseil municipal proposa de le placer au cœur de l’un des vastes chantiers de la Reconstruction, celui de la gare. Aujourd’hui, ce quartier prend un nouveau visage. C’est tout naturellement que ce monument célébrant Romain Tricoteaux trouve sa place dans le square qui porte son nom, à l’emplacement des anciennes usines Hugues, à quelques pas du lieu où Romain Tricoteaux s’installa en 1901…

Buste de Romain Tricoteaux dans le square qui porte son nom

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