Le deuil en 1850/1860
- On arrêtait la pendule de la chambre mortuaire à l’heure fatale.
- On n’allait à la messe, le dimanche, qu’avant neuf heures du matin et, pour s’y rendre, on passait par les petites rues, regardant à terre pour ne saluer personne.
- Quelle que fut la coiffure adoptée depuis longtemps, on ne se coiffait plus qu’en bandeaux plats, avec un petit chignon. En tout cas , on ne portait plus de chapeau, un bonnet de linge sous un voile de crêpe.
- Si une personne reçue faisait visite et parlait « d’autre chose », on prenait un de ces airs pincé qui faisait vite comprendre …
- On supprimait toutes les fleurs dans la maison et l’on ne se permettait plus l’acquisition de plantes que pour le cimetière.
- On ne faisait plus de pâtisseries chez soi.
- On enfermait les oiseaux en cage dans le bas d’un placard pour les empêcher de chanter.
- On ne faisait plus de musique , même pour travailler sérieusement et l’on tendait une couverture noire sur le piano.
- On ne mangeait plus de bonbons.
- Le dessin et la peinture n’étaient admis que pour sujets religieux.
- On ne sortait guère que pour aller au cimetière, et, surtout, on n’entrait plus dans les magasins. On ne regardait même pas les étalages.
- On s’interdisait toute promenade en voiture, même pour cause de santé, mais s’il y avait obligation d’en faire une, on ne regardait pas la campagne.
- Une veuve n’allait plus jamais au théâtre, quelque fût le nombre d’années écoulées.
- Une veuve ne lisait plus que des livres de piété, restait dans sa chambre où, généralement , on lui montait ses repas; elle ne voyait plus que son notaire et ses enfants.
- On ne supportait plus la moindre turbulence de la part des enfants.
Au fond , on rendait la vie intenable à son entourage mais comme on ne pensait plus qu’à soi et à sa douleur, on ne s’en apercevait même pas.