Société Académique de Saint-Quentin

Le Monument commémoratif de la défense de 1557

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Le Monument commémoratif de la défense de 1557

              

              

 

 

            Il commémore la résistance des Saint-Quentinois lors du siège d'août 1557, face aux troupes d'Emmanuel-Philibert de Savoie et de Philippe II d'Espagne.

            C'est l'écrivain Félix Davin qui le premier, en 1827, déplore l'absence de monument en l'honneur des défenseurs de la ville en 1557. En 1881, l'ancien Maire Charles Picard lègue une somme de 100.000 francs et 30 actions du Chemin de fer du Nord pour financer un monument à cet effet. En octobre 1892, la Municipalité lance un concours auprès de plusieurs artistes. Le Journal de Saint-Quentin soumet les 9 maquettes au vote de ses lecteurs. C'est le jeune sculpteur Corneille Theunissen et l'architecte Heubès qui emportent les suffrages.

            Ce monument est donc érigé au cœur de la ville, sur la Grand-Place entre 1893 et 1895. C'est le Président de la République Félix Faure, qui vient l'inaugurer le 7 juin 1897.

            Il est constitué de granit rose de Hongrie et de bronze ; d'aspect pyramidal (9 mètres de diamètre à la base et 11m50 de haut), il présente d'abord au dessus d'un large soubassement, une forme de couronne où se trouvent les 8 blasons de personnages ou de corporations qui se sont illustrés lors de la défense de la ville assiégée : l'Amiral de Coligny, Varlet de Gibercourt, le Mayeur et son épouse Catherine de Lallier ; Caulaincourt ; d'Amerval ; de Lignières ; les canonniers et les archers. La devise « Civis Murus erat » (« le citoyen était un mur ») du poète néo-latin Santeuil, résume le sacrifice des Saint-Quentinois.

              Au dessus, tout autour du socle central, figurent 4 épisodes représentatifs du siège :

            1. Début août 1557. Le Gouverneur de Picardie, Gaspard de Coligny, montre au Mayeur Varlet de Gibercourt, les positions du faubourg d'Isle occupées par les troupes ennemies.

            2. Deux artilleurs s'affairent autour d'un canon. Un archer brandit l'étendard de Sainte-Christine et sonne de la trompe.

            3. Catherine de Lallier, l'épouse du Mayeur, et son fils soignent un blessé.

            4. Fin août 1557. Lors des derniers combats avant la prise et le pillage de la ville, un homme du peuple jette une pierre sur les assaillants ; un vieux gentilhomme tire un coup de feu et un moine est atteint au front.

           Ces groupes représentent toutes les composantes de la société : nobles, bourgeois, gens du peuple, militaires, religieux, hommes, femmes, enfants, tous unis contre l'ennemi. Plusieurs membres du Conseil municipal de 1893 ont prêté leurs traits aux personnages.

             Tout au dessus du fût central, nous trouvons deux statues allégoriques : la ville de Saint-Quentin protège la Patrie.

             En 1917, après l'évacuation de la ville, les bronzes sont enlevés par les Allemands et partent pour la fonte.

             C'est Louis Bertrand, un ancien praticien de Theunissen (décédé en 1918) qui reconstitue l'ensemble monumental entre 1931 et 1933.

             En janvier 1942, les bronzes échappent de justesse, grâce à l'intervention du Maire Pierre Seret, à « la réquisition des métaux non-ferreux ».

             En novembre 1989, le « Monument » comme l'appellent les Saint-Quentinois, est démonté pour faire place à un parking souterrain.

            Après avoir été remisé pendant 8 années, il est de nouveau édifié de février à avril 1998, sur la place du Huit-Octobre qui a fait l'objet d'une réfection complète.

           C'est probablement le monument qui représente le mieux l'identité des Saint-Quentinois qui, face aux désastres de la guerre, se sont toujours unis de façon héroïque contre l'adversité.

                                                                                                                                                                          Christian MILLET

 

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