Articles, photos, gravures

Articles ❯ Saint-Quentin , il y a 100 ans ❯ Premier immeuble en béton armé (le)

 

  Le premier immeuble en béton armé   

 

  

                            Ameublements complets Braconnier-Delmer

                                                                                                                        
               

Au coin du quai Gayant et de la rue de La Fère, face à la statue de l’Oise du Pont d’Isle se construit une maison qui soulève l’étonnement des passants. On a vu d ‘abord de grands fils de fer s’élever à des hauteurs invraisemblables, puis se recouvrir d’une sorte de ciment que des ouvriers spéciaux avaient l’air de poser par grandes plaques moulées dans des caisses de bois.

Il s’agit d’un système nouveau, la « pierre armée » Pauchot dont le représentant est M. Morelle, ingénieur, rue Jeanne d’Arc, à Lille.

Les murs de la façade, construite pour un marchand de meubles, croyons-nous, repose sur le sol au moyen d’un radier en fer-béton composé d’arcs en béton, fortement armé.

Les murs de la façade sont en «pierre armée » et forment monolithes, c’est-à-dire que le tout est comme s’il était évidé dans un bloc unique. Des ravaleurs sont en train de faire les joints en simulant l’appareillage des murs de telle sorte qu’une fois le ravalement terminé, les façades sembleront en pierre naturelle.

Le procédé est intéressant en ce qu’il permet toutes les audaces de construction en des endroits comme celui-là qui était sous l’eau, il y a à peine un siècle, et dont le sous-sol est composé d’une couche énorme de tourbe mouvante.

L’inventeur prétend que la « pierre armée » permettra de varier les façades de constructions dans le nord de la France où l’emploi de la pierre naturelle est très dispendieux.

Je ne sais, mais une idée qui m’est tout à fait personnelle, est la suivante : le ciment armé doit supprimer les toits, c’est fatal. Du jour où l’on sera sûr que toute infiltration est impossible, pourquoi coiffer les maisons de ces toits inutiles et dont l’entretien est ruineux ?

Et comme il serait plus agréable, en été, de passer la soirée sur la terrasse, que de la passer devant sa porte, sur le trottoir surchauffé.

Dans cinquante ans, les toits auront disparu.

Journal de Saint-Quentin

                                                                                                                                       Le 16 septembre 1911

                                                                                                                                             Fonds local. B.M

Retour en haut