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Plaque Charles Rogier

Rue Emile Zola, nous voyons, fixée sur la façade de la maison située au N°62, une plaque où il est inscrit « Charles ROGIER - Homme d’Etat belge - né à Saint-Quentin à cet emplacement. » Mais qui était ce saint-quentinois ?

Charles Latour Rogier était d’une famille originaire de Renlies de la province de Hainaut en Belgique

Son père, Firmin Noël Albert ROGIER, natif de Cambrai,   s’engage dans l’armée française comme officier de la République. Il est Lieutenant-Colonel du 6ème Bataillon du Nord. Réformé en 1796, il s’établit à Cambrai, puis à Saint-Quentin fin 1797, avec son épouse Henriette Louise Joseph ESTIENNE, comme marchand de draps. Il habite d’abord place des Jacobins, devenue place Marseillaise (aujourd’hui place Cépy). Il devient capitaine de la 1ère compagnie de la Garde Nationale de Saint-Quentin, puis emménage ensuite au N°1574 rue Saint-Martin, qui deviendra ensuite rue de Paris (actuelle rue Emile Zola). Cette maison était à l’angle de la petite rue Saint-Martin, qui deviendra la rue Jean-Jacques Rousseau (actuelle rue Pasteur). A l’autre angle de ces deux rues avait été démolie l’église Saint-Martin qui jouxtait l’Abbaye de Saint-Prix. Un litige avec son voisin le citoyen Dupuis, propriétaire du terrain de l’église vendue comme bien national fin 1791 et démolie, nous prouve la présence de la famille Rogier à cette époque.

C’est là que naquit Charles Latour Rogier le 29 thermidor an 8, ou le 17 avril 1800. Après la naissance de Charles, on perd la trace de la famille. On la retrouve à Avesne-sur-Elpe le 25 novembre 1809 à la naissance de Pauline, sœur de Charles.

Firmin Noël Albert rejoint ensuite l’armée comme inspecteur dans le service des vivres et il mourut pendant la retraite de Russie fin 1812.

Entre temps, à la mort de son père Charles Rogier a quitté la France pour Liège où il termine brillamment ses études secondaires en 1817. Entré à l’université de Liège, il est reçu le 28 juillet 1826 Docteur en droit. Du parti libéral, il attaqua la politique du roi Guillaume d’Orange. Après les trois Glorieuses à Paris, le 26 août 1830, des manifestations éclatent à Bruxelles qui tombe dans l’anarchie. Les liègeois s’organisent pour prêter main forte aux bruxellois et rejeter les hollandais.

Charles Rogier prit une part active en formant un bataillon de 300 liègeois, armés de fusils et canons qui firent route vers Bruxelles. Le 20 septembre, il s’empare avec ses hommes de l’Hôtel de Ville qu’il préservera du pillage. Il organise la victoire en dirigeant les travaux du gouvernement provisoire et se prononça pour une monarchie constitutionnelle héréditaire.

Le 4 octobre 1830, l’indépendance des provinces belges est proclamée et le 4 juin 1831, est appelé au trône, Léopold de Saxe-Cobourg. A partir de là, Charles Rogier exerça de nombreux mandats politiques de 1930 à 1885 et œuvrera dans différents domaines : développement de l’enseignement, création d’écoles d’apprentissage, organisation de l’enseignement agricole, création de caisses de retraite, modification de la patente, des conseils des prud’hommes, des dépôts de mendicité, des monts de piété, suppression des octrois, création d’une direction des Arts et des Lettres. La Belgique doit à Charles Rogier son réseau de chemin de fer. On lui doit aussi en 1860 les nouvelles paroles de l’hymne national « la Brabançonne », en remplacement de celles de 1830 de Jenneval, trop agressives à l’encontre des Pays-Bas.

Il meurt le 27 mai 1885 à Saint-Josse-ten-Node en Belgique. Il eut droit à des funérailles nationales.

Charles Rogier

 

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