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Pavage des rues

 

Le carillon de Saint-Quentin 

Clochette Numéro 336

 

Il est d’usage chaque année de repaver une rue de Saint-Quentin. A seize francs du mètre carré, la dépense varie entre vingt et trente mille francs. Notre ville, dont le budget dépasse deux millions de francs peut se permettre cette petite dépense d’autant plus qu’elle possède quelques rues, et plusieurs, remarquablement mal pavées. Même parmi les voies les plus passantes. On ne fait certes pas de luxe ; nous ne connaissons pas encore ni le bitume, ni le pavé de bois qui, cependant, auraient leur utilité sur les abords de la Place et dans le quartier de Remicourt.

Depuis quelques années, c’est au tour de la rue du Gouvernement à recevoir la visite des paveurs. Il y a urgence à faire disparaître le vieux pavé du Roi pour le remplacer par un grès plus petit ; il y a même urgence depuis une trentaine d’années. L’urgence était prescrite pouvait-on croire … lorsque le Conseil municipal précédent décida de repaver la rue du Gouvernement.

Mais aussitôt qu’une rue est pavée, on s’aperçoit qu’il faut y construire un égout; les postes et télégraphes viennent y poser une canalisation souterraine; le gaz doit changer ses conduites et le service des eaux vient à son tour déchirer les entrailles de la terre pour découvrir une fuite. Autrefois, on y établissait une ligne de tramways pour achever le travail.

Afin de parer à ces inconvénients habituels et vu la nécessité de la construction d’un égout, l’ancienne municipalité ajourna à l’année prochaine le pavage de la rue du Gouvernement- après la construction de l’égout- et repava cette année la rue du Wé.

Hier, au Conseil municipal, vint l’approbation d’un crédit de 5000 francs pour la construction de ce fameux égout allant du lycée de jeunes filles à la rue des Suzannes. La terre aurait le temps de se tasser au-dessus de ces travaux et l’on pourrait exécuter l’année prochaine dans cette rue, que les accidents du sol ont rendue déserte, le modèle des pavages ;

Par raison d’économie et sur l’avis de la commission des finances, le Conseil refusa les 5000 francs demandés.

La conséquence en est l’ajournement à 1914 du pavage de la rue du Gouvernement décidé pour 1913, ou, si le pavage a lieu quand même le défoncement de la chaussée aussitôt que celle-ci sera réparée.

Ne serait-il pas plus sage de revenir sur cette décision afin de sortir d’un aussi fâcheux dilemme ?

 

Journal de Saint-Quentin

Juillet 1912

B.M. Fonds local

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