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Par la ville : on va donc l’avoir l’électricité ?

 

J’ai poussé un cri d’horreur en cognant du pied dans un ruisseau un poteau de sapin.

C’est un beau sapin sur pied avec les branches qui font la révérence et ses aiguilles, mais c’est rudement laid un sapin pelard même injecté de sulfate de cuivre qui gît le long du trottoir…

J’ai bien compris tout de suite : c’était pour y accrocher de l’électricité comme dit ma cuissière.

Il y a déjà dans les murs les consoles asymptotes.

Evidemment, on ne pouvait pas faire de l’art nouveau, mais tout de même … C’est trop primaire : je reviens à mes poteaux.

Renseignements pris, ils ne sont que provisoires. La Société d’éclairage veut aller vite. Actuellement, il est impossible en métallurgie de se faire servir. Alors, il a fallu recourir au bois, mais au fur et à mesure que les colonnes en métal arriveront, on abattra la forêt de sapins.

Merci, mon Dieu !

Ce n’est pas que les poteaux de fonte soient jolis, jolis ! Mais il y a des gens intraitables qui ne consentent pas à laisser accrocher une console à leur immeuble. Ils ont tord, car ils compliquent la situation pour tout le monde sans profit pour personne.

On a dit : «  Que la Compagnie ne fait-elle pas des canalisations souterraines ? » C’est fait ou ça se fait pour de gros câbles ; il va y en avoir quinze kilomètres de posés ce qui représente une dépense de 300 000 francs et plus. Dans ces câbles, l’électricité arrivant à Gauchy à 45 000 volts mais détendue à 15 000  volts, circulera, se rendant aux seize postes de transformation où elle tombera à 217 volts pour l’énergie et à 123 pour l’électricité.

Les très grandes forces, elles se brancheront directement sur les câbles d’arrivée et la transformation se fera dans les usines mêmes.

Les autres clients s’accrocheront aux canalisations aériennes qui courent le long de soixante kilomètres car Saint-Quentin est une ville très étendue.

Et la première étincelle envoyée de Lens en attendant qu’elle vienne de Beautor, où les travaux se sont trouvés un peu retardés car une installation considérable comme celle-là a bien des aléas, la première étincelle jaillira vraisemblablement le 14 juillet.

On va donc l’avoir l’électricité ?

                                                                                                                            Lebadaud.

 

Journal de Saint-Quentin

Avril 1912

B.M. Fonds local.

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