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Mémoires du Carillonneur de Saint-Quentin

 

Des anecdotes- Des souvenirs- Une autobiographie du Papa Cantelon.

La famille de ce brave homme, respecté de tous à Saint-Quentin, qu'était le papa Cantelon, vient de faire éditer ses "Mémoires", en un livre de 250 pages, in-octavo, sorti des presses de l'Imprimerie moderne.

Il est bien imprimé, agrémenté de gravures et de reproductions photographiques qui en rehaussent l'intérêt.

Pendant cinquante années, de 1880 à 1930, le papa Cantelon, féru de son art, s'est, en quelque sorte, identifié avec ses cloches. Il avait pour elles, un amour qui ne se ralentit jamais. il nota, au fil des jours, tout ce qui avait quelques rapport avec son Carillon.

On retrouvait ,chez lui, l'esprit des artisans qui, dans le passé, ont créé tant de belles choses, qu'on admire encore aujourd'hui. Il était de la race de ces maîtres- ouvriers du moyen-âge, qui avaient la fierté de ce qu'ils avaient pétri de leurs mains, qui "vivaient" avec les objets sur lesquels s'était portée toute leur attention, et qui trouvaient, dans ces créations, un grand délassement de l'esprit, une joie intime, toute personnelle et en quelque sorte, le prolongement de leur existence.

Tous nos concitoyens, qui ont connu le "papa Cantelon" , savent quelle grande passion, il avait pour "ses cloches", avec lesquelles il vibrait , par le cœur et l'oreille. Tout comme l'artiste qui a fixé sur la toile une peinture qui semble avoir créé une originalité, ou le musicien  qui , fermant les yeux, vit un rêve intérieur, en écoutant quelque mélodie, notre "Carillonneur" avait pour ses cloches un amour infini. Sa plus grande joie, aux jours de fêtes, était de les associer à l'activité de la cité. Elles tenaient une grande place dans sa vie intellectuelle.

Ainsi, il fallait voir avec quel soin, il veillait sur elles, les caressant comme on le fait de la tête blonde d'un enfant aimé. Il "vivait" avec elles!

Mentalement, il leur parlait, quand leurs voix de bronze se faisaient entendre, et, quand du campanile de l'Hôtel de Ville, leur écho se répercutait dans la ville.

Toutes avaient un nom, un état civil. Même quand le vent glacé soufflait en rafales au sommet de l'Hôtel de Ville, il allait les voir et restait de longs moments en leur compagnie. dans ces tête-à-tête -muets- il communiait avec elles-, et le vieux carillonneur partageait entre elles son amour, recevait leurs confidences intimes, comme les maîtresses peuvent recevoir les hommages d'amants fidèles.

Aussi, il ne faut point s'étonner, alors qu'à ses yeux et dans ses pensées elles tenaient une si grande place, qu'il ait noté, au jour le jour, sur ses tablettes tous les incidents de la vie locale qui avaient trait à son carillon. Nous avons relu toutes ses réflexions du papa Cantelon, sur ce film de sa vie- lui qui occupait une place si élevée dans la cité!

Il les a agrémentées de ses propres réflexions, de petites notes historiques , recueillies ça et là, de ses visites aux carillons des autres villes, des articles publiés dans la presse locale. Cette anthologie réveillera chez ceux qui ont connu ce bon vieillard quantité de souvenirs sur un passé qui chaque jour s'éloigne de plus en plus.

C'est un livre que les Saint-Quentinois mettront en bonne place dans leur bibliothèque.

PIF-PAF

Les tablettes de Saint-Quentin (1932) Archives départementales de l'Aisne

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