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Les mauvaises odeurs de Saint-Quentin

 

    Nous avons une ville qui par sa configuration même, ne devrait sentir que la rose.

    Les égouts ont toute la pente nécessaire pour empêcher l’eau et les matières qui y aboutissent, de croupir. Le nettoyage, étant donné qu’on a de l’eau en quantité suffisante, en est possible.

    Comment se fait-il que Saint-Quentin est une ville empuantie ?

    Un étranger, dont le système olfactif est développé, a compté sept odeurs différentes- et toutes mauvaises- depuis la gare jusqu’à la Grand-Place.

     Il y en a de tout à fait insupportables, celles qu’un aimable lecteur qui signe « Lebadaud II » - déjà une dynastie !- nous signale dans le billet que voici :

    «  Faisant mon petit tour à travers la ville, j’ai constaté une fois de plus une négligence du nettoyage municipal qui porte certainement atteinte au commerce des bons contribuables.

     " Dimanche soir, la maison Dony, place de l’hôtel de Ville avait fait une superbe exposition. Je ne dis pas cela certes à titre de réclame, mais pour constater un fait regrettable, c’est qu’il était impossible d’admirer la vitrine de droite par suite des émanations épouvantables qui s’échappaient de cet antre obscur qu’il est convenu de dénommer « les urinoirs du théâtre ». Et d’un !

    « De l’autre côté se trouve un second urinoir qui se trouve contre un café tenu par M. Oblet. L’été dernier, mes affaires m’ont appelé à prendre une consommation. A la terrasse de ce café ; il a fallu fuir, les mêmes émanations chassant les clients les plus tenaces. Ce jourd’hui, lundi 9 octobre 1911, à 9 heures du matin, je vous défie malgré toutes les précautions d’hygiène que vous puissiez prendre de pénétrer dans ces empuantissoirs ; les papiers et copeaux provenant des déballages de forains ont bouché les conduits et alors …. Un bain de pieds odorant vous y attend.".

     Nous croyons qu’il n’y aura pas à revenir là-dessus, d’ici quelques temps du moins, et que le nécessaire va être fait

     Il y a urgence.

 Autre chose.

     Les roulottes majestueuses des marchands forains s’alignent sur la petite place Saint-Quentin.

     Nous n’y voyons pas d’inconvénient, au contraire, ces hôtes d’un mois étant discrets et paisibles.

    Seulement, le distributeur de places a commis une erreur de voirie : il a appliqué l’une de ces roulottes contre la clôture du chantier de la Basilique ; on ne la voit, en venant de la rue Saint-André, que quand on est dessus si bien que piétons, voitures automobiles, se cassent le nez contre, croyant trouver le passage libre pour aller à la poste ou venir au « Journal de Saint-Quentin ».

     De là des grognements très justifiés.

     Somme toute c’est une gêne apportée à la circulation et sans nécessité, puisqu’il y a de la place de l’autre côté de la statue. »

    Pendant qu’on y est, ne pourrait-on pas nettoyer le socle du monument du Huit Octobre et celui de l’Escaut sur le Pont d’Isle ?

    En ce moment de foire, par respect pour nos hôtes ces petits soins de propreté s’imposent.

  Journal de Saint-Quentin

11 octobre 1911

     Fonds local.BM      

           Maison Dony qui a succédé à Thiéry Ainé et Cie place de l'Hôtel de ville                                            

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