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Articles ❯ Nouvelles d'Autrefois ❯ Les voyages en 1860

Les voyages

 

Malgré le chemin de far, le voyage de Saint-Quentin à Paris était considéré comme un évènement.

Quand des amis en étaient revenus on disait :

« Nous n’allons pas encore voir les voyageurs ; il faut leur laisser le temps de se remettre ; il n’y a pas quatre jour qu’ils sont rentrés !

-Au retour, on partait de Paris vers quatre heures de l’après-midi et l’on s’arrêtait pour dîner à Creil. On était à Saint-Quentin vers 10 h du soir, rapportant du buffet de Creil des croissants au lait qui faisaient dire : «  Qu’ils sont bons les petits pains de Creil ! » « Or c’est à Paris qu’on les cuisait et ils coulaient moitié moins. »

Les voyageurs marquaient un point de repère dans l’existence : C’était quatre ans après notre saison de Vichy », « C’était cinq ans avant notre voyage à Tours. »

Puis on racontait les mêmes histoires arrivées au cours du même voyage.

Quand un membre de la famille était allé à Rome, c’était un orgueil pour tous les siens, mais, il n’y avait guère que les prêtres pour s’aventurer jusque-là.

Les voyages de noces avaient lieu à Fontainebleau, hôtel du Cadran Bleu ou à Compiègne.

On rapportait de Dijon des nonnettes, de Reims des biscuits, de Tours des rillettes etc… de Paris l’heure de la bourse à ses amis.

Du bord de la mer où l’on n’allait guère qu’à la suite d’une grave maladie, on rapportait de petites boîtes en carton recouvertes de coquillages. « C’est du fond de la mer »., disait-on.

A Paris quand on y allait en famille, on descendait à l’hôtel de Castille ou à l’hôtel de Nice. On allait voir jouer La Juive ou Guillaume Tell à l’Opéra. Les soirs de repos, on faisait le tour des galeries de Palais Royal, prenant vers 9 h1/2 une tasse de café ou une infusion au café Rotonde et l’on rentrait se coucher.

Le dimanche, on allait avec les enfants au Jardin d’Acclimatation. On jetait du pain aux cygnes e, disant : « Regarde comme ils sont blancs ! On rentrait chez soit au bout de huit jours d’absence, extrêmement fatigué.

Et l’on prenait un bain !

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