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Les religieux de l'Abbaye d'Homblières (de 948 à 1790)                    Gérard Monsieur

1ère Partie : Les abbés réguliers

 

C'est vers 650, selon la tradition, que l'évêque de Noyon, Saint Eloi, aurait fondé l'abbaye Notre-Dame d'Homblières.

 

Dès l'origine, cette maison religieuse fut peuplée de moniales et dût sa renommée à Hunégonde, une sainte femme, originaire de Lambais, qui s'y était retirée et qui en devint l'abbesse.

Elle y mourut le 25 août 690 et y fut ensevelie.

 

Incursions normandes et guerres incessantes entre seigneurs amenèrent la désolation dans la région. A la faveur de ces calamités, la discipline et les mœurs se relâchèrent dans la communauté d'Homblières et, malgré une tentative de reprise en mains de l'abbesse Berthe, les moniales qui avaient persévéré dans le pêché furent chassées et remplacées en 948 par des moines bénédictins tirés de l'abbaye Saint Rémi de Reims.

                         

            La charte du roi Louis IV d'Outremer officialise l'expulsion des moniales (De Expulsione Sanctimonialium) et   l'introduction des moines (et quomodo Monachi intraverint).

 

 

 

Une réforme s'avérant nécessaire, elle fut confiée à ces bénédictins et la possession perpétuelle du monastère leur fut accordée.

En 954, une charte du pape Agapet II stipule que la règle de St Benoît sera perpétuellement observée en cette maison et que celle-ci sera dirigée par un abbé toujours élu selon la règle, c'est-à-dire choisi parmi les moines par les moines eux-mêmes, d'où le nom d'abbé régulier.

 

La règle de saint Benoît

Saint-Benoît expliquant la règle (miniature du XIVe siècle)

La règle de saint Benoît fut écrite par Benoît de Nursie pour guider ses disciples dans la vie communautaire. La rédaction commença en 540, alors que 10 ans plus tôt il avait fondé une communauté de moines sur le Mont Cassin en Italie.

 

Au cours des siècles suivants, de plus en plus de monastères d'Occident  adoptèrent cette règle  qui eut, non seulement une influence religieuse, mais une importance indéniable dans la formation de la société féodale, avec le contrôle de l'autorité par la loi, la désignation du détenteur de cette autorité par l'élection et la rédaction de règles de fonctionnement. Le modèle de la vie monastique selon saint Benoît est la famille dont l'abbé (Abba) est le père, et  où tous les religieux sont frères.

La journée du moine est réglée en fonction de ce que saint Benoît appelle "Opus Dei", "Œuvre de Dieu ", c'est-à-dire la liturgie des heures rassemblant huit fois par jour les religieux pour des prières. "On ne préférera rien à l'Œuvre de Dieu".

La journée commence à « la huitième heure de la nuit », avec les Vigiles nocturnes.Avant l'arrivée des bougies de cire -au XIVe siècle-, cet office était dans l'obscurité ou très peu d'éclairage, ce qui n'avait guère d'importance car les moines apprenaient par cœur les psaumes et les autres textes de la liturgie. Les Vigiles sont suivies d'un temps de lecture. Puis au lever du jour viennent les Laudes.

Les offices de Prime, Tierce, Sexte, None se situent comme leur nom l'indique respectivement à la première, la troisième, la sixième et la neuvième heure du jour (à l'époque de Saint Benoît, les horaires étaient définis d'après le soleil, donc en fonction de la longueur saisonnière du jour).

Les Vêpres (Vespera), comme leur nom l'indique également, sont l'office du soir. Après le repas et une lecture en commun, c'est le dernier office de la journée, les Complies. Elles sont suivies par le grand silence de la nuit.

En dehors des offices, les moines s'adonnent au travail manuel : car, dit Benoît, c'est alors qu'ils seront vraiment moines, lorsqu'ils vivront du travail de leurs mains, à l'exemple de nos pères et des Apôtres.

Le travail doit être organisé de telle sorte qu'il n'oblige pas les frères à sortir de la clôture du monastère : Le monastère doit, autant que possible, être disposé de telle sorte que l'on y trouve tout le nécessaire : de l'eau, un moulin, un jardin et des ateliers pour qu'on puisse pratiquer les divers métiers à l'intérieur de la clôture. De la sorte les moines n'auront pas besoin de se disperser au-dehors, ce qui n'est pas du tout avantageux pour leurs âmes.

Du temps est aussi réservé à la lecture, étude de l'Écriture et des Pères de l'Église, qui est une vraie nourriture spirituelle : c'est la lectio divina. Celle-ci a une importance toute particulière en Carême. La répartition du travail et de la lecture, les horaires des repas sont variables selon les saisons et le temps liturgique.Ainsi, en Carême, les frères prennent un seul repas le soir après Vêpres.

La règle décrit non seulement les divers offices et le travail, mais aussi les modalités des repas, de l'habillement, de l'accueil, du choix des responsables, des voyages à l'extérieur, etc. Le moine s'éloigne du monde pour chercher Dieu et la clôture monastique lui permet de se concentrer sur ce but.En fait, Saint Benoît indiqua à ses disciples comme objectif fondamental et même unique de l'existence, la recherche de Dieu.

 

Les bénédictins

L'habit desbénédictins est en général noir .

Ils portent un scapulaire noir à capuchon, et une ceinture noire autour de la taille.

Le scapulaire était à l'origine était un vêtement de travail destiné à protéger les vêtements ordinaires, serré à la taille par une ceinture. Il se composait de deux pans d'étoffe, devant et derrière, qui tombaient jusqu'aux pieds. Un capuchon était souvent solidaire du scapulaire.

La coule, habit monastique par excellence, avec ses manches longues et amples et son capuchon, est portée par les profès solennels[1] lors des offices et principaux actes de la vie communautaire.

En plus du fait qu'ils ne portent pas encore la coule, les novices sont identifiables grâce à leur scapulaire : celui-ci est plus court que ceux des moines ayant achevé le noviciat. C’est saint Benoît qui, dans sa règle, au chapitre 58, fixa les termes de "novice" pour désigner le candidat à la vie religieuse, et "noviciat" pour la période d’initiation à la vie religieuse. De même il fait une distinction entre "l'hôtellerie" où le candidat est d'abord reçu, le "noviciat" où il passe plusieurs mois de probation et la "communauté monastique" où il sera reçu si « après avoir bien réfléchi il promet de tout garder et d'observer tout ce qui lui sera commandé ».

                                

                        Fondation d'un monastère - miniature du XIVe siècle - Bibliothèque municipale de Laon


[1] Religieux qui a prononcé des vœux qui l'engagent définitivement.

 

 

Les abbés réguliers

 

Ecrit en latin au XVII° siècle, un document nous est parvenu qui établit la liste chronologique des abbés réguliers de 948 jusqu'en 1585.

                                 

                                                     Archives Départementales de Laon - H589

 

 

 

Lorsqu'on confronte cette liste de noms avec d'autres sources, il apparaît certaines omissions: ce document, élaboré vers 1715, mentionne 27 abbés alors que leur nombre devrait correspondre à 32 abbés réguliers.

 

Bernerus (ou Bernier)

( 1er Abbas ex quo monachi monialibus successerunt

= 1er abbé issu des moines qui succédèrent aux moniales )

 

Ce personnage semble avoir été châtelain de Ribemont avant de prendre l'habit de moine.

D'autres sources indiquent qu'il avait embrassé la profession monastique à l'abbaye de Saint Rémi de Reims d'où, avec quelques confrères, il fut tiré pour assurer la réforme du monastère d'Homblières.

La prudence et la sagesse avec lesquelles il gouverna y attira un grand nombre de sujets qui vinrent s'y consacrer au service de Dieu.

Il obtint du pape Jean XII la confirmation de la nouvelle réforme faite à l'abbaye d'Homblières, par une bulle datée de 957, dns laquelle il est qualifié de "vénérable abbé".

Bernier sut profiter de la protection de Gerberge, la reine de France, et de quelques seigneurs pour augmenter les revenus d'Homblières. Ainsi, en 959, il obtint  un bien au village de Rumigny et en 959, deux manses de terre, des mains d'Herbert, comte de Meaux et abbé de Saint Médard de Soissons

                            

                                                            Bernier achète une vigne sise à Laon, en 964

Sa piété était si bien reconnue, qu'au siècle suivant, encore, on le qualifiait d'abbé de sainte mémoire". Il a écrit trois opuscules : "la vie de sainte Hunégonde", une "histoire de sa translation", qui se fit en 946, et une "relation de ses miracles".

Il semble que Bernier ait vécu jusqu'en 982 puisque le comte de Vermandois Albert confirma, cette même année, à cet abbé, quelques biens acquis au profit de son monastère. Il y a donc contradiction avec la date avancée dans la liste ci-jointe pour son successeur.


 

Albricus

 

Selon COLLIETTE, Albricus ne devint abbé d'Homblières qu'après 982. C'est lui qui reçut comme profès, en son abbaye, Lambert, le châtelain de Saint-Quentin.

 

 

Richard Ier

 

Richard Ier sera un célèbre réformateur. Il dirigera plusieurs monastères et notamment celui d'Homblières de 1018 à 1025.

C'est sous son abbatiat, qu'en 1018, le domaine d'Autreville, donné par Childéric II aux moines d'Elnon en 661, fut rétrocédé à ceux d'Homblières.

                             

 

Extrait de la charte de 1018

 

En 1026, Richard Ier partit pour le pèlerinage de la Terre Sainte qu'il acheva en 1027.

 

 

Walerannus (ou Waleranne)

 

Moine, il exerçait les fonctions de prévôt de l'abbaye lorsqu'il fut fait abbé par Richard Ier pour lui succéder. Ce choix intervint quelque temps après la mort du comte de Vermandois Albert II en 1020. Selon certaines chartes Waleranne fut abbé d'Homblières de 1026 à 1043, année de sa mort, survenue après le mois d'août.

 

Sous l'abbatiat de Waleranne, le vivier de Quessy devient dépendant de La Fère.

Bernard

 

Il devient abbé en 1043, selon COLLIETTE., et Claude EMMERE indique que Bernard parle encore en 1049.

 

 

L'abbé Bernard reçoit en don une terre à Courcelles.

 

Macarius (ou Macaire)

 

Il avait été oublié, puis ajouté, dans la liste écrite au XVIIe siècle.

Macaire célébra, le IV des Ides d'août 1051, la translation des reliques de sainte Hunégonde par Gérard 1er, l'abbé de StQuentin-en-l'Isle. Peut-être est-ce lui qui en rédigea le récit dans un style précieux qu'on retrouve dans la Translatio altera[1].

Il est possible que ce Macaire corresponde à un certain Marcellus que la tradition dit avoir été envoyé par Malbod, l'abbé de Saint Amand[2], pour être l'abbé d'Homblières.

 

 

 

Henry

 

On sait que ce religieux assista au sacre de Philippe Ier, roi de France, en 1059, et que, nommé en 1074 abbé de saint Rémi de Reims, il continua de diriger l'abbaye d'Homblières et fonda en outre le monastère de Nogent-sous-Coucy.

Le 25 juin 1066, il assista, aux côtés des abbés de Saint Eloi de Noyon et du Mont-Saint-Quentin, à la translation des cendres et des ossements de saint Eloi, en la cathédrale de Noyon[3].




[1](AASS Boll. Aug. V, 237-240)

[2] Saint Amand est une célèbre abbaye bénédictine du diocèse de Tournai.

[3] Bibliothèque de l'Ecole des Chartes.

Erleboldus (ou Erlebold)

 

Dès 1091, Erlebold fut abbé d'Homblières, et en 1094, il recevait l'autel d'Urvillers, don de Jean, le coûtre de Saint-Quentin.

 

 

 

 Richard II

 

De ce successeur d'Erlebold nous ne savons rien, si ce n'est qu'il présidait aux destinée de l'abbaye d'Homblières en 1095, selon Claude EMMERE.

 

 

 

Matzelinus

 

Selon Dom Mabillon, Matzelinus fut abbé d'Homblières vers 1100. Cette année-là, il reçut dans sa Maison le chevalier Werricus (ou Werric) surnommé le Satrape et son fils Gérard qui prirent l'habit de moine.

D'après Claude EMMERE, Matzelinus siégeait encore en 1105.

 

 

Aldo

 

Aldo devient l'abbé d'Homblières en 1122. En 1124, il obtint du pape Calixte II une bulle qui confirmait tous les biens de son abbaye et de l'évêque de Noyon des exemptions pour les cures d'Homblières et de Landricourt.

 

 

 

 

 

En 1124, l'abbé Aldo abandonne au Chapitre de Péronne, une partie de

l'alleu de Péronne, moyennant une rente annuelle de 4 sous.

 

Hugues Ier

 

Hugues Ier était déjà abbé d'Homblières lorsqu'en 1132 le pape Innocent II le fit cardinal, et le sacra à Rome évêque d'Albano, sur le conseil de Dreux, évêque d'Ostie.

Ceci est mentionné sur la liste du XVIIe siècle : "postea Episcopus Albanensis" (plus tard évêque d'Albano).

 

En 1132, l'abbé Hugues cède à celle de Quessy un bois moyennant un cens annuel de 5 sous.

 

Hugues II

 

Alors que notre liste de référence indique Garinus comme étant le successeur de Hugues Ier, COLLIETTE affirme qu'il s'agit plutôt de Hugues II, et nous donne des informations précises.

Hugues II, natif de Toul, et qui s'était fait moine au monastère saint Jean à Laon, en devint le prieur. C'était un homme de grand savoir: "Literarum non mediocri Scientia pollens." Lorsque Hugues Ier fut sacré évêque d'Albano, ce dernier recommanda celui-ci à la communauté d'Homblières pour lui succéder. Et Guilbert de Nogent et le moine Herman rapportent que les bénédictins d'Homblières choisirent le prieur de saint Jean de Laon afin qu'il devienne leur abbé.

En 1133, Hugues II obtint l'autel de Marcy de l'évêque de Noyon et des privilèges pour son abbaye du pape Eugène II en 1145 et 1147.

 

 

 

En 1133, l'abbé Hugues reçoit en don l'autel de Marcy de l'évêque de Noyon.

 

Il abandonne aux religieuses de Montreuil-en-Thiérache la dîme qu'il percevait sur les bestiaux que ces religieuses possédaient à Puisieux, village appartenant à l'église d'Urvillers. De leur côté, les religieuses livreront chaque année au monastère d'Homblières une livre de cire. L'abbé déclare qu'il fait cette concession pour l'amour de Dieu et à la prière du vénérable Bernard, abbé de Clairvaux.

En 1148, il souscrit à la quatrième charte de l'abbaye de Longpont à propos du Tronquoy.

Hugues II, nommé à l'abbaye de Saint Amand, ne se dessaisira de celle d'Homblières qu'en 1150.

 

Guarinus Ier (ou Garin ou Warin)

 

Ce personnage semblait déjà siéger comme abbé d'Homblières en 1147, puisqu'au mois de mai de cette année-là il obtint du pape Eugène III un privilège pour son monastère.

 

Garin reçoit de Robert d'Etaves le droit de percevoir 2 gerbes sur la dîme de Landricourt, droit attesté par Baudouin, l'évêque de Noyon.

 

 

En 1153, il achète aux moines d'Anchin une pièce de terre sise à Ursel, près de Laon.

Warin soussigne le 24 juin 1157 dans le cartulaire de la cathédrale de Noyon au moment de la translation des reliques de saint Eloi.

Dans cette cérémonie il était aux côtés des abbés de Saint-Barthélémy et de saint-Eloi de Noyon, de Chauny, d'Ourscamp, de Saint-Prix, du Mont-Saint-Quentin, de Vermand, d'Arrouaise, de Saint-Médard de Soissons, de Corbie, des archidiacres d'Amiens, d'Arras et de Beauvais, Gui, comte de Noyon, et ses fils, Raoul, comte de Nesle, et Albéric, seigneur de Roye[1].

En 1159, avec le consentement de son chapitre, Warin donne la terre de Gerbert de Fresnoy, tenue en fief de son abbaye, à celle du Mont-Saint-Martin.

Il mourra cette même année.

Un document rare est cette lettre de Hugues II, qui, on s'en souvient, est devenu abbé de Saint Amand, lettre par laquelle celui-ci console "ses chers moines d'Homblières" de la perte de leur abbé Warin. Il s'excuse de ne pouvoir porter lui-même ses consolations, retenu qu'il est par la présence en son monastère de l'évêque de Tournai, gravement malade. Il ajoute que si les moines d'Homblières, dont il avait été l'abbé, veulent remettre l'élection d'un nouveau pasteur, il espère pouvoir y assister.

 

Rainerus (ou Rainier)

 

Cet abbé d'Homblières est cité dans le cartulaire de Nogent-sous-Coucy en 1158, et Claude EMMERE le fait vivre jusqu'en 1161.

 

 

Simon et Guillaume d'Essigny donnent à l'abbaye d'Homblières, dirigée par

Rainier, deux muids de terre et la dîme du terroir de Sorby.

 

Pierre Ier

 

En 1163, des chartes du monastère de Saint-Médard de Soissons le citent comme abbé d'Homblières.

Il obtient, en 1166, un privilège du pape Alexandre III.

Il mourut le 2 décembre 1175 (selon le nécrologe de Collinances).

 

 


[1] Source: Bibliothèque de l'Ecole des Chartes.

 

Hubert

 

En sa qualité d'abbé d'Homblières, Hubert signa, en 1176, la douzième charte du cartulaire de Longpont pour le Tronquoy.

 

 

 

Il sera cité dans les cartulaires de Ribemont et de StQuentin-en-l'Isle en 1178 et 1188.

Selon les archives de Bohéries, il parlait encore en 1192.

Thomas

 

Thomas était abbé d'Homblières vers 1251.

 

 

Guarin (ou Warin II)

 

Il a succédé à Thomas en 1255, selon Claude EMMERE.

 

 

Joannes  (ou Jean Ier)

 

Son nom se lit dans les chartes de Ribemont, en 1259, et COLLIETTE rapporte que  le nécrologe du prieuré de Collinances écrit dans le second tome de l'histoire de Meaux: " Die secunda decembris, obiit Johannes , abbas de Hombleriis…" (Le deuxième jour de décembre, Jean, abbé de Homblières fit une oblation…)

 

 

Rainaldus (ou Renaud)

 

Cet abbé plaida en 1273 contre le chapitre de Saint-Quentin pour le sujet des dîmes de Sissy.

Son nom apparaît encore en 1275.

En mai 1289, l'abbé Renaud s'accorda avec le maître et les frères hospitaliers de la Maison d'Eterpigny (maison d'Esterpenig del hospital d'Outre-Mer) pour un cent d'anguilles que ces derniers devaient prendre sur les moulins de Creutes, à Frise[1].

En 1303, les religieux d'Homblières rédigent un acte par lequel ils appellent au futur concile de la violation de leurs droits par le pape[2].

Autre litige, en 1304 :  une pièce de terre  située devant la Maison de Fervaques à Mauconseil (domus mali ingenii) fut adjugée aux religieuses de Fervaques malgré les prétentions de l'abbé d'Homblières (sentence arbitrale de l'évêque de Noyon)[3].




[1]A.I. Sect. Adm., S. 5223, (suppl.) n°26.

[2] A.I. Sect. Histoire- Cart. J. 484, n°286.

[3] A.I. Sect. Histoire. L. 1161.

 

 

 

Hugues III

 

Peu de renseignements sur cet abbé qui est cité en 1209 dans une charte de Tronquoy.

Toutefois, au bas d'un acte d'avril 1206, portant sur l'abandon des droits sur la dîme de Fontaines, se trouvait[1] le sceau de Hugues III : sceau ogival, en cuvette, d'environ 65 mm, et représentant l'abbé debout, crossé, tenant un livre : "Sigillum Hugonis, abbatis Humolariensis".

 

 

Balduinus (ou Baudouin)

 

En 1220, ses paroles sont rapportées dans une charte expédiée pour Le Tronquoy et contenue dans le cartulaire de Longpont.

Le 1er janvier 1223 il parle aussi dans un document de l'abbaye du Mont-Saint-Martin.

Cette même année, il obtient du roi une exemption d'hommes et de chevaux en faveur de la commune d'Homblières. Et en reconnaissance, il cède au roi la Neufville-en-Beine. Son acte porte deux sceaux pendants: 1) Sigillum ecclesie sancte Marie Humolariensis- 2) Sigillum Balduini , abbatis Humolariensis.

En 1237, il parle dans la 104ème charte du cartulaire de l'abbaye de St Quentin-en-l'Isle.




[1] Ce sceau se trouvait aux archives de l'Aisne. Il fit partie des documents détruits lors des conflits mondiaux.

Jean II

 

Il fut élu abbé d'Homblières et recommandé au roi de France par le pape Clément V, lors de la première année de son pontificat, c'est-à-dire en 1305 ou 1306.

Sur les chartes de Saint-Eloi - Fontaines, il est fait mention de son surnom: Coivrel.

Le 23 août 1306, il assista dans la cathédrale de Noyon à la quatrième translation des reliques de saint Eloi, aux côtés des abbés de Saint Médard de Soissons, de Saint-Prix, du Mont-Saint-Quentin, de Saint-Eloi d'Arras, de Saint-Martin-aux-Bois, de Saint-Eloi-Fontaine, de Vermand et d'Ourscamp.

 

 

Jean III  ?

 

On rencontre encore un abbé d'Homblières, appelé Jean, Jean De La Croix, en 1323, selon les chartes d'Homblières.

 

 

En 1342, alors que le Maréchal de France, Mathieu de Trie, combattait les Anglais en Flandres, son valet, Jehan Brongnart, qui revenait de Cambrai avec une charrette transportant le « harnas de corps » (l’armure) de son maître, fut soudain assailli, battu et outragé par les habitants d’Homblières et de Marcy.

Il fallut toute la diplomatie d’un moine de l’abbaye d’Homblières, Dom Pierre Derguerie, pour calmer le courroux de l’homme de guerre et obtenir son pardon pour le méfait causé à son valet par ces « manants ».

 

 

Un "aveu"[1], en date du 12 mai 1373, fut adressé au roi par l'abbé et les moines d'Homblières détaillant tout ce qu'ils tenaient en fief, foi et hommage de sa Majesté[2]

Selon COLLIETTE, un acte daté de mars 1397 indique que Jean, abbé d'Homblières, traite avec Philippe de Berles, seigneur d'Omissy.




[1] En droit seigneurial, l'aveu est une déclaration écrite que doit fournir le vassal à son suzerain qui dénombre et décrit en détail les biens composant le fief détenu.

[2] A.I. Section adm. PP. 6. 1ère partie f° 216 v°

Guillaume

 

Cet abbé n'est pas signalé dans la liste du XVIIe siècle, mais COLLIETTE le mentionne dans son ouvrage s'appuyant sur les recherches de Claude EMMERE qui le situe en 1414.

Dans les Archives anciennes de la ville de St Quentin, tome II, Emmanuel LEMAIRE fait état d'un chirographe sur parchemin de décembre 1400 qui rapporte que Gobert de Vervins, prieur de l'abbaye d'Homblières, a constaté la vente par le couvent à Pierre Mugné et à Simone, sa femme, d'un jardin sis à Homblières "en la rue que on dit coqueriaumont".

 

 

Petrus (ou Pierre II)

 

Il est présent, comme abbé d'Homblières, à la translation des reliques de Sainte Hunégonde qui eut lieu en 1478 à Saint-Quentin avec l'autorisation de l'évêque de Noyon, Guillaume de Marafin.

"Sub quo ossa Sanctae Hunegundis sunt inclusa in capsa argentea sub Guillelmo episcopo Noviomensi." (en son temps, les ossements de sainte Hunégonde furent places dans une chasse en argent, Guillaume étant évêque de Noyon.)

A cause des guerres, on avait décidé de mettre les pieux restes à l'abri des murs de la ville fortifiée, placés dans la chapelle Ste Hunégonde, elle-même située dans la maison de refuge de l'abbaye d'Homblières qui s'élevait rue du Gouvernement.

 

 

Katherine le Basile

 

Cet abbé d'Homblières souscrit une charte qu'il passa avec l'abbesse de Montreuil-sous-Laon, en 1487.

 


François de Magny

 

Il est abbé d'Homblières en 1520, alors qu'il plaide contre le Chapitre de Saint-Quentin pour les eaux et le moulin de Luvigny. C’est lui encore qui présenta une requête au Bailli contre les religieux de Vermand qui avait fait prendre deux charretées de bois dans le bois de Plantis qui était la propriété de l’abbaye d’Homblières .

François de Magny est absent de la liste du XVIIe siècle.

 

 

Adrien de Hainaut

 

Adrien de Hainaut régit l'abbaye d'Homblières de 1543 à 1557, date à laquelle la guerre avec la Maison des Habsbourg, le siège et la prise de Saint-Quentin par les Espagnols amenèrent ruines et désolation dans la région.

 

On ne sait s'il y eut des abbés réguliers entre 1559 (départ des Espagnols) et 1579 (élection de Simon Le Roy).

 


 

Simon Le Roy

 

 

Il fut élu en 1579 et mourut en 1587.

Ce fut le dernier abbé régulier, par la démission volontaire de Monsieur de Créqui des Bordes qui avait obtenu l'abbaye en commende.

On ignore qui a rempli ces fonctions entre 1587 et 1602.

En 1601, l'abbaye était "en l'économat d'Antoine le Caron", qui ne faisait aux religieux qu'une pension annuelle suivant un acte passé par devant Devalois, notaire à Saint-Quentin, le 24 novembre 1601.

 

 

 

 

Le 17 septembre 1583, l'abbé Simon Leroy et les religieux de l'abbaye d'Homblières

accorde un bail au laboureur Pierre Goudailler.

Ce bail fut passé à Saint-Quentin, devant le sieur Forestier, notaire royal .

 

 

Mis à part l'abbé Simon Leroy, le document nous informe que Jean Tetu (ou Petu ?) est le prieur, et Jacques Millot, le trésorier.

 

 

 

 

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