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État de la Route de Paris 

                          LE CARILLON DE SAINT-QUENTIN

Clochette Numéro 338

 

Nous recevons cette lettre d’une aimable simplicité.

 

Monsieur le Directeur

 

Les attaques qui se sont produites route de Paris depuis quelques temps m’ont incité à une promenade de ce côté de la ville ; or j’ai été frappé du mauvais entretien des voies de quartier, depuis la place Dufour-Denelle jusqu’au passage à niveau de Rocourt, les trottoirs sont dans un état lamentable, ce n’est que bosses et trous, et même à certaines places où il n’y a pas de bâtisses sur les côtés, la terre glisse en talus et on ne peut pas s’y aventurer sans être certain de glisser et de tomber sur le côté, de sorte que les piétons sont obligés, neuf fois sur dix, de passer sur la chaussée, au risque d’être pris en écharpe par les voitures ou les trams, ou d’être éclaboussés jusqu’au milieu du dos par les autos.

Il y a là une situation intolérable dans une ville comme la nôtre et sur une route qu’on appelle « route de Paris ». Je vous engage, Monsieur le Directeur, si vous avez un moment de loisir, à aller faire une petite promenade digestive de ce côté et je vous assure qu’après examen vous attacherez une Clochette qui tintera aux oreilles de nos édiles jusqu’au moment où il sera porté remède à cet état de choses. Je suis certain qu’aucun de nos honorables conseillers n’a encore porté ses pas de ce côté de la ville comme promenade à pied, car il aurait averti ses collègues de cet état de choses. Je veux bien que les finances de la Ville ne soient pas inépuisables mais il y a urgence de faire quelque chose et on pourrait améliorer cette partie de la ville sans faire de très grands frais ; ne serait-ce qu’en veillant au nettoyage des talus et en employant le mâchefer pour reboucher les trous en attendant que les finances permettent de faire mieux.

« Persuadé que vous signalerez cet état de choses à notre municipalité, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes sentiments distingués

Un promeneur pédestre.

 

Nous allons commander des bottes d’égoutier pour aller faire un petit tour là-bas et nous inviterons M. Le Maire et M.M. les Adjoints à se joindre à nous.

Plaisanterie à part, renseignements pris, la réclamation est justifiée. Au service de la voirie de faire le petit nécessaire en attendant mieux.

 

Le journal de Saint-Quentin

Décembre 1912

B.M. Fonds local.

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