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École Paringault

C’est en 1900 que commence la construction de l’école Paringault, au coin de la rue de la 3ème DIM et de la
rue de Vermand.

Déjà, le 31 octobre 1896, le Conseil municipal décide de la création d’un groupe scolaire à l’angle des rues de
Vermand et Fayet , dans le quartier Montplaisir.

Logement des enseignants et façade latérale © SPA

Ces nouveaux bâtiments remplaceraient les écoles Clotaire,NDenfert-Rochereau et Longueville devenues insuffisantes.
La ville doit acquérir un terrain qui forme un grand trapèze. Les transactions sont difficiles et la construction finit par être déclarée d’utilité publique.
L’ensemble doit comprendre une école de filles longeant la rue de Fayet et une
de garçons du côté de la rue de Vermand. Chaque structure comprendra 5 classes de 48 élèves soit 240 filles et 240 garçons. Chaque élève aura bien l’espace vital estimé à l’époque à 5 m³.
Les dépenses, terrain et construction, seront prélevées sur le legs de Louis-François-Charlemagne Paringault. Le Directeur de l'enseignement public accepte 4 classes pour les garçons autant pour les filles au lieu des 5
réclamées.

Logement des enseignants et façade latérale © Société académique

En 1912, le Conseil municipal doit approuver la construction d'une 6èmeclasse à l'école des garçons en
tous points identiques aux autres, au 1er étage. L'école compte alors 267 élèves pour 5 classes, l'une d'elles a même 78 élèves.
Les travaux sont à peine achevés que débute la guerre de1914. Fin 1918, les bâtiments sont en partie détériorés. Les plafonds sont effondrés, les lattes pourries par l'humidité, les carreaux cassés, le carrelage défoncé. Des brèches sur la façade ont été ouvertes par les obus, les murs ont été éventrés. L'école doit être reconstruite.
Au cours de la remise en état de l’école, on découvre que sous l’angle nord se trouve une galerie qui traverse la rue de Fayet. Le comblement est demandé au service des régions libérées qui ne fait rien. Plus tard les Ponts et Chaussées vont résoudre le problème sous la chaussée mais pas sous l’école. C'est à la Ville de les prendre en charge et à l'état de payer.
De nombreux éboulements vont donc se produire aussi bien sous le bâtiment principal que sous le second. Les travaux vont durer de juin à octobre 1920. Ils consistent essentiellement en remblais, reprise des fondations jusqu’à 6 m de profondeur sur une longueur de 5,60 m. Finalement comme les services d’architecture n’ont pas de crédit pour les prendre en charge, la ville se fait rembourser sur les dommages de guerre. La reconstruction de l’école est terminée en juin 1922. La réception des travaux a lieu en juillet 1923.

Dès 1939, l’école Paringault est réquisitionnée et transformée en hôpital militaire avec 200 lits réservés aux malades contagieux.
A la mi-mai 1940, les Allemands sont aux portes de Saint-Quentin. L’hôpital-école n’a plus ni électricité, ni gaz, ni eau.
L'approvisionnement des denrées alimentaires est difficile. Le médecin, le capitaine Petithomme, décide l’évacuation des 70 malades et du personnel vers l’hôpital n°6 de Beauvais. Durant les jours qui suivent, les Allemands vont prendre possession de l’hôpital et en faire une annexe de l’hôpital Cordier.
Pendant cette période trouble, les élèves sont répartis dans d'autres bâtiments de la ville. Les enfants retrouvent leur école à la libération, les filles d'abord.


© Collection particulière

Janvier 1945 est créé, dans l’école de filles, un cours d’enseignement ménager.
Cette école est la seule de la ville à avoir 2 plaques qui honorent trois instituteurs qui se sont distingués durant les conflits, trois morts pour la France.
Eugène Corrette
Durant la première guerre mondiale, il est promu Chevalier de la légion d’honneur.
« Officier d’une haute valeur, possédant un degré très élevé du sentiment du devoir.Il n’a cessé de se distinguer durant toute la campagne par sa bravoure, son endurance et son énergie. Beaux titres de guerre. Une blessure, six citations dont une de l’armée. » (Livre d’or des Instituteurs.)
En 1943, sous le nom d’Andrieux, il est chargé de constituer le réseau du Groupement A, réseau de Résistance dirigé par le Docteur Claude Mairesse.

Plaque près de la porte de l'ancienne école des filles, rue de la 3ème D.I.M. © Société académique

Eugène Corrette se distingue encore durant ce deuxième conflit pour sa bravoure. Il transporte des armes dans des camionnettes, aide les parachutistes anglais. Il est tué le 27 Août 1944 avec 18 de ses compagnons à Fontaine-Notre-Dame.

                                                    

Eugène Corrette entouré de ses collègues dans la cour de l’école. Laure Bouyenval était l’épouse de Léon.

© Collection particulière

Albert Blondelle,
Sergent à la 6ème C.M. du 278 R.I.
Cité à l’ordre du Régiment en date du 11 février 1917:
« Excellent officier, très dévoué, très énergique. Blessé en maintenant sa Section dans la tranchée au cours d’une violente attaque ennemie. » (Livre d’or des Instituteurs.)
Léon Bouyenval
« Nous partons … les maîtres de Paringault feront leur devoir »
Sergent au 87ème RI , il décède le 6 mars 1915 à Saint-Jean-sur–Tourbe dans la Marne, mortellement blessé au
cours d’un combat .

                                                          
                                                                          Léon Bouyenval © Collection particulière.


Plaque près de la porte de l’ancienne école des garçons, rue de Vermand. © Société académique


Pourquoi Ecole Paringault ?
Son nom de Paringault lui vient d’un notable saint -quentinois Louis François Charlemagne Paringault qui est né dans notre ville le 24 juillet 1808. Il réside au 27 rue Victor Basch où se trouve actuellement l’office du tourisme. Il est notaire comme son père. Célibataire, à sa mort le 21 août 1891 à Paris, il lègue toute sa fortune à la ville, des terres pour une superficie de 142 hectares, un bois de 50 hectares et des titres.
En signe de reconnaissance, en 1895, la ville décide de faire construire un monument et de l’ériger sur sa tombe. Celui-ci est effectué par Mme Cathlin Varelle en granit de Servance (Haute-Saône). Dessus, il est gravé : "Á la mémoire de Louis-François-Charlemagne Paringault bienfaiteur de la ville et des pauvres de Saint-Quentin.. Sa ville natale reconnaissante lui a élevé ce monument."
En 1897, une fontaine, portera son nom, elle sera construite place fayette, appelée communément place aux grenouilles. Son buste, installé en haut de celle-ci, disparaitra pendant la guerre de 1914. La même année, Le Conseil municipal, par délibération, attribuera le nom de Paringault à la rue qui va de la place Lafayette à la rue de Baudreuil ainsi que la crèche située rue de Cambrai rue Kennedy aujourd'hui. La crèche a disparu mais il existe une salle de réunion appelée ‟salle Paringault".

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