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Le deuil en 1850/1860

 

  1. On arrêtait la pendule de la chambre mortuaire à l'heure fatale.
  2. On n'allait à la messe, le dimanche, qu'avant neuf heures du matin et, pour s'y rendre, on passait par les petites rues, regardant à terre pour ne saluer personne.
  3. Quelle que fut la coiffure adoptée depuis longtemps, on ne se coiffait plus qu'en bandeaux plats, avec un petit chignon. En tout cas , on ne portait plus de chapeau, un bonnet de linge sous un voile de crêpe.
  4.  Si une personne reçue faisait visite et parlait "d'autre chose", on prenait un de ces airs pincé qui faisait vite comprendre ...
  5. On supprimait toutes les fleurs dans la maison et l'on ne se permettait plus l'acquisition de plantes que pour le cimetière.
  6. On ne faisait plus de pâtisseries chez soi.
  7. On enfermait les oiseaux en cage dans le bas d'un placard pour les empêcher de chanter.
  8. On ne faisait plus de musique , même pour travailler sérieusement et l'on tendait une couverture noire sur le piano.
  9. On ne mangeait plus de bonbons.
  10. Le dessin et la peinture n'étaient admis que pour sujets religieux.
  11. On ne sortait guère que pour aller au cimetière, et, surtout, on n'entrait plus dans les magasins. On ne regardait même pas les étalages.
  12. On s'interdisait toute promenade en voiture, même pour cause de santé, mais s'il y avait obligation d'en faire une, on ne regardait pas la campagne.
  13. Une veuve n'allait plus jamais au théâtre, quelque fût le nombre d'années écoulées.
  14. Une veuve ne lisait plus que des livres de piété, restait dans sa chambre où, généralement , on lui montait ses repas; elle ne voyait plus que son notaire et ses enfants.
  15. On ne supportait plus la moindre turbulence de la part des enfants.

 

 

Au fond , on rendait la vie intenable à son entourage mais comme on ne pensait plus qu'à soi et à sa douleur, on ne s'en apercevait même pas.

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