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Au champ d’aviation

    

                                                                                 Le Blériot

  

A trois heures de l’après-midi, trois aéroplanes se trouvaient sur le terrain d’aviation : le monoplan Hauriot, arrivé la veille de Reims par la voie des airs et les monoplans Train et Blériot, de Grazzioli, remonté ce matin. Le Blériot de Saliès, arrivé en gare ce matin n’était pas encore transporté sur le terrain d’aviation.

Le plus beau de tous ces appareils se trouve être le cent chevaux Hauriot, de Biclovucie.

De dimensions gigantesques mais svelte, il est accroché à un double moteur Gnôme de deux rangées de sept cylindres. Le pilote et le passager sont entièrement protégés par le fuselage fermé d’où, seules les têtes émergent. Il donne par la simplicité apparente de la construction, la solidité de toutes les pièces, une impression de sécurité relative.

L’aviateur est Péruvien. Il débute sur le biplan Voisin et se classa second de la course Paris-Bordeaux : 540 kilomètres en trois étapes, en septembre 1910.

Cette année, au circuit d’Anjou, il fit une terrible chute qui brisa son appareil mais le laissa indemne.

Avec son nouveau monoplan, celui qu’il a amené à Saint-Quentin, il vient de concourir en Angleterre pour le concours militaire mais les Anglais ne récompensèrent que leurs marques : Biclovucie fut le vainqueur sur monoplan mais en instance de naturalisation pour pouvoir représenter la France à la coupe Gordon-Benett.

L’aéroplane Train- la marque qui faucha le ministère au départ de Paris-Madrid- est au contraire d’un type très léger. Les ailes offrent un minimum de surface, et sont fort relevées ; le pilote est curieusement suspendu au-dessus de l’appareil- curieusement car il n’a rien pour lui masquer la vue, mais il faut une réelle assurance pour demeurer dans cette position vertigineuse.

L’appareil est monoplace.

Son pilote M. Labarre, annonça son intention d’essayer aujourd’hui même son appareil.

En effet, il survolait Saint-Quentin à 5 heures du soir.

Le Blériot de Grazzioli était entièrement remonté à trois heures de l’après-midi.

C’est un 50-60 chevaux.

Son pilote Grazzioli, qui concourt pour son compte personnel- la maison Blériot n’ayant pas de pilotes attitrés- a remporté la seconde place dans le circuit de Juvisy, il y a deux mois, puis dans Paris-Troyes- Sens et retour.

 

Journal de Saint-Quentin

4 octobre 1912

B.M. Fonds local

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