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L’agrandissement de la gare de Saint-Quentin

 

       

                               La gare de Saint-Quentin en 1911

 

 

Les voyageurs de la Ligne de Vélu, quand ils laissent derrière eux les bâtiments de la gare de Saint-Quentin, aperçoivent sur leur droite d’immenses terrassements qui augmentent la surface du plan des voies aux dépens de l’ancien Etang du Bas, desséché et transformé en jardins maraîchers.

La Compagnie du Nord a même racheté tout l’Etang jusqu’au canal pour pouvoir s’étendre à son aise et ne recevoir plus de réclamations de la part de ses riverains. C’est un procédé sommaire - et coûteux.

Les travaux commencés sont déjà considérables et, chose curieuse les voyageurs et clients de la gare s’en apercevront à peine.

Et pourtant, ces travaux leur donneront des facilités nouvelles.

Ils ont été entrepris à l’occasion du rattachement dans la gare de Saint-Quentin de la ligne de Saint-Quentin à Ham.

Le crédit affecté à ces travaux de modification de la gare s’élève à 573,840 francs dont 275,000 francs constituent la subvention départementale.

La ligne nouvelle doit emprunter la ligne de Vélu, entre Rocourt et Saint-Quentin, elle viendra aboutir à proximité du bâtiment principal à un nouveau groupe de voies sur un quai à établir à gauche des voies principales actuelles et qui comprendra une voie à quai pour les trains de la ligne de vélu et une voie pour les trains de la ligne de Ham.

La construction de ce groupe de réception de trains locaux entraînera le prolongement vers Paris, sur une longueur de près de 150 mètres, du quai qui borde le bâtiment principal.

Dans ces conditions, tous les trains de voyageurs venant de la direction de Paris pourront être reçus sur la première voie longeant le bâtiment principal.

Le grand bâtiment de l’urinoir disparaît et sera reporté ailleurs.

Un vaste quai desservira les lignes de Vélu, du Cambrésis, de Ham. Enfin, le fameux « arrêt Guerber » est supprimé. C’est- les voyageurs venant de Paris ne l’ignorent pas, hélas !- la descente à contre- quai et l’attente dans le courant d’air glacial du départ du train qui s’interpose entre eux et la sortie.

Cette pratique avait été rendue nécessaire pour éviter les accidents et faciliter les manœuvres : elle va disparaître.

Les terrassements effectués ont porté sur 25,000 mètres cubes de terre qu’on a fait venir de Tergnier. La chasse de cette terre sur les quatorze mètres d’épaisseur de tourbe du marais avoisinant a déterminé à distance, des soulèvements très bizarres ; un plant d’artichauts, par exemple, se trouvait surélevé en une nuit d’un bon mètre. Ailleurs, il poussait un aposthume monstrueux comme quand on soumet un tube de caoutchouc à une pression trop forte. C’était vraiment curieux.

 

Petite vitesse et messagerie

D’importantes améliorations sont apportées de ce côté et l’on peut dire qu’il n’est pas trop tôt !

Les cours de débord de la petite vitesse seront développés.

La halle de messagerie sera doublée(le nombre de colis arrivés ou expédiés par jour ouvrable en grande vitesse à Saint-Quentin, est en moyenne de 4,600).

Les bureaux de la petite vitesse seront modifiés et aménagés dans de meilleures conditions, pour le public et pour les agents eux-mêmes.

Bref, on va mettre de l’air et un peu de confortable dans ce capharnaüm immense qu’est la gare de triage et de petite vitesse à Saint-Quentin.

M.D.M.

Ce qui sera une curiosité, ce sera l’aiguillage.

Mais maintenant, grâce au M.D.M l’aiguillage le plus compliqué sera à la portée du premier venu.

Il faut bien en arriver là, car il n’y a plus moyens de faire d’apprentis.

Donc, la cabine qui se trouve à l’extrémité du quai central vers Paris va disparaître et, à côté, s’en élève une toute menue, qui contiendra le fameux et tout récent système hydro-électrique surnommé M.D.M, ce qui signifie : Minimum De Mouvement ».

Inutile de dire que quand le M.DM. fonctionnera nous irons aiguiller un train pour raconter à nos lecteurs comment ça se fait maintenant.

 

Le Journal de Saint-Quentin

20 octobre 1911

Fonds local Bibliothèque municipal

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