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Un aéroplane se brise au Champ de manœuvres

 

Un accident s’est produit ce matin au Champ de manœuvres, un aéroplane gêné dans son atterrissage par la troupe, a donné dans un arbre et s’est brisé. L’aviateur est sorti à peu près indemne de cet accident qui aurait pu être mortel.

C’est le jeune Richet, le même qui, allant de Reims à Douai, avait atterri le jeudi 9 mai, près de la  route du Cateau, au lieu-dit le Pont-aux-Ânes. Il était reparti le lendemain matin pour l’aérodrome de la Brayelle, où il atterrissait facilement.

Il pilotait un énorme Breguet triplace de 70 chevaux.

Ce matin, à 7 heures moins 20, il était parti de Douai sur le même appareil pour se rendre à Amiens par Saint-Quentin, où il comptait faire escale au Champ de manœuvres.

Mais ce terrain, bordé d’arbres et accidenté, n’est pas favorable à l’aviation.

Lorsqu’à 7 heures ½, l’appareil arrivait de la direction du Nord, la troupe occupait son terrain d’exercices. L’aviateur dut exécuter une boucle pour indiquer qu’il voulait atterrir et laisser le temps aux officiers de faire se replier les compagnies.

Richet prit donc ses dispositions pour se poser dans le coin sud-est. Là le sol est en pente et une rangée d’arbres y délimite le terrain militaire mais cet endroit avait été le premier évacué.

Malheureusement des tranchées y sont creusées. L’aviateur Richet ne les vit que trop tard, presque en se posant ; l’atterrissage lui parut en conséquence impossible ; il essaya de relever son appareil. Malheureusement il était à la limite plantée d’arbres et il n’eut pas le loisir de les survoler ; il heurta de l’aile droite à trois mètres du sol environ les branches de l’un de ces baliveaux.

L’aéro fit tête-à-queue autour de ce pivot puis piqua du nez à quelque mètre dans un champ de blé et se brisa.

L’appareil est dans un triste état. L’hélice est broyée, le capot défoncé et le moteur entré en terre. Les ailes du dessous et le train d’atterrissage broyés relèvent de leurs débris disloqués le fuselage ; la queue du grand oiseau- le gouvernail- est elle-même cassée et ne tient plus que quelques fils à la carcasse. Les deux ailes supérieures décalées et tordues semblent s’abattre sur le sol comme celles d’un oiseau tué.

D’ailleurs on a cette impression très complète d’un gigantesque oiseau mort.

Quant à l’aviateur, il fut projeté en avant et eut la chance, malgré la violence du choc de s’en tirer à bon compte, avec une légère contusion à la jambe et  l’œil gauche poché.

Des soldats vinrent le relever.

Une surveillance fut établie autour de l’appareil et personne cette fois, ne put pénétrer dans le champ ni, par conséquent, causer des dégâts aux récoltes.

Mais les dégâts causés à l’avion sont énormes. L’aviateur lui-même les évalue à dix mille francs dont huit pour l’appareil et deux pour le moteur.

Il n’y avait qu’à démonter les bris pour les expédier à l’usine Bréguet ; c’est ce qui se fait en ce moment.

Autre accident d’aéroplane

On nous téléphone que M. le docteur Lefèvre de Bohain, vient de recevoir une dépêche de Londres lui annonçant que son fils Jacques, âgé de vingt ans, élève pilote dans une école d’aviation en Angleterre vient d’être grièvement blessé dans une chute qu’il a faite ce matin.

Le Journal de Saint-Quentin

13 mai 1912

Fonds local. Bibliothèque municipal.

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