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Abri du cimetière

 

Je tiens à déclarer que je ne suis pas l'inventeur des abris dans les cimetières mais que l'idée assoupie a été réveillée par des articles et des conversations.

Je crois bien que la première idée de cet abri - à Saint-Quentin, s'entend, car ailleurs, il en existait depuis longtemps- remonte à la séance du Conseil municipal de 15 novembre 1899.

Voici même le texte du rapport de M. Frizon-Lange qui est intéressant en ce qu'il montre qu'il faut quelquefois quatorze ans pour réaliser une chose absolument décidée. Ce sont les jeux de la politique et de l'administration...

"Messieurs,

"Depuis quelques années, l'usage s'est établi à Saint-Quentin, parmi les familles qui accompagnent un de leurs membres à sa dernière demeure, de remercier à l'entrée du cimetière après la cérémonie de l'inhumation, les personnes qui ont témoigné leur sympathie au défunt et à ses parents en suivant le cortège funèbre.

"En raison de cet usage aujourd'hui universellement suivi, votre dévoué ordonnateur des convois mortuaires, M. Hérigny, a exprimé à l'Administration municipale l'avis que nos concitoyens verraient avec reconnaissance élever un bâtiment léger à l'entrée du cimetière où les familles pourraient à l'abri des intempéries prendre congé  de leurs invités après les obsèques.

"Cet avis ayant paru fondé, M. l'Architecte municipal a été invité à dresser les plans et devis d'un abri léger, non susceptible de gêner l'entrée du cimetière et présentant un caractère architectural en harmonie avec la sévérité du lieu.

"M. Delmas a présenté un projet que votre Commission a approuvé. C'est un abri très simple, supporté par quatre colonnes en faut , haut de 3 m. 50 et long de huit mètres. Il serait édifié à l'entrée du cimetière , à droite, adossé contre la haie qui limite le petit jardin du gardien.

"Par ses dimensions et par son exposition à l'est ( c'est à cette orientation que les pluies sont les plus rares dans notre pays), cette construction remplira entièrement son but.

"La dépense est évaluée par M. l'Architecte municipal à 3000 francs, y compris l'imprévu.

"Votre Commission  des travaux vous propose d'adopter le projet et le devis qui vous ont été présentés, certaine que la construction de cet abri donnera satisfaction au très légitime désir ont M. Hérigny s'est fait l'interprète près de l'Administration municipale au nom des familles en deuil.

"Nous vous proposons donc de voter la somme de trois mille francs et d'en décider l'inscription au budget primitifs de l'exercice 1900".

Le Conseil  adopte les conclusions du rapport et approuve les plans et devis qui lui sont soumis.

Le Conseil décide en outre, que les travaux seront exécutés par les entrepreneurs , adjudicataires des travaux d'entretien de la Ville, aux prix et conditions de leurs marchés ou par tous autres entrepreneurs au mieux des intérêts de la Ville.

Enfin le Conseil vote pour l'exécution des dits travaux un crédit de 3000 francs qui sera inscrit au budget primitif de 1900.

J'ai noté hier que ce ne sont pas les plans et devis établis en 1899 qui ont été suivis en 1914.

Il y a au dossier une quantité de tracés et d'épurés. Tout le monde y a mis du sien. Constatons que somme toute, on a réussi.

Lebadaud.

 

Journal de Saint-Quentin

Mars 1914

B.M. Fonds local.

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