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Abbaye de Saint-Quentin-en-Isle

         

                                Deux représentations différentes en 1557 de l'abbaye

                                            

                            représentation du XVIème siècle d'après Charles Gomart

Eusébie en 357 découvrit le corps de Quentin, sur une île située dans les marais de la Somme. On ne sait pas exactement la date où fut construit un édifice religieux, mais suite à l’affluence des pèlerins venant  vénérer ce lieu, on en bâtit un, certainement au début un simple oratoire ou chapelle, mais détruit par les Vandales en 407 et  par les Huns en 453. Le lieu de culte aurait pris plus d’importance vers le VIIème siècle, on suppose au moment de la découverte du corps de Quentin par Saint-Eloi, puis aurait été à nouveau ruiné par les Normands en 882. Mais il renaitra. Les malades venaient en grand nombre, cherchant la guérison dans l’eau miraculeuse des puits où fut découvert le corps du martyr. L’abbaye était à la charge d’un abbé sous l’autorité du collège de chanoines de la grande Eglise.

En 960, le Comte du Vermandois Albert 1er le Pieux, la trouvant en très mauvais état, la mit sous l’autorité de la Grande Eglise, lui donna  l’ensemble des marais et eaux compris entre Rouvroy et Raucourt. Il  nomma à sa tête, le chanoine Anselme qui, en 964, après avoir entièrement reconstruit le bâtiment, fit partir les religieux qui s’y trouvaient et y établit des moines bénédictins.

La construction était en bois, avec des chambres et des cellules tout autour. La taille de l’église était de 35 m x 9,70 m avec un cloître de 20 m x 20 m. On sait, d’après de La Fons que l’édifice était encore en bois en 1384, avant qu’un autre bâtiment en pierre le remplace.

L’Abbaye aurait pu accueillir près de mille moines et son cartulaire nous laisse supposer de gros revenus. 

Lors du siège de 1557, bien que Gaspard de Coligny ait donné l’ordre de l’incendier, la bâtisse est restée debout et a servi aux espagnols pour canonner les murailles de la Ville. Les moines évacuèrent les lieux vers d’autres maisons religieuses.

Lorsque la ville fut rendue aux Français, en décembre 1559, l’abbaye était détruite. Des moines reviendront, mais seul un pavillon et le colombier seront restaurés  et elle sera abandonnée définitivement en 1567 pour être transférée en 1582, rue de la Gréance (ancien nom du haut de la rue d’Isle). Une chapelle sera érigée sur l’emplacement des ruines en 1570. Au XVIIème siècle l’emplacement sera aménagé pour de nouvelles fortifications avec les « Cornes de Vaubans », mises à jour lors des fouilles de la place de la Gare.

 

                    

  Plan de Charles Gomart d'après les travaux de l'ingénieur Lenin au XVIIIème siècle

            

                     Situation de Saint-Quentin-en-Isle en 1557 d'après Charles Gomart

                                                    

                            Sceau et contre-sceau de l'abbaye de Saint-Quentin-en-Isle

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